
Ci aprés un texte que m'envoi Jean Yves PENVEN
“Nous portons les valeurs d’un humanisme moderne, entre l’humanisme chrétien d’un Maritain et le libéralisme politique d’un Tocqueville”. Hervé Morin
“Quand on sort de cet exercice en conscience pour entrer dans un exercice d'exploitation symbolique, on risque des dérives, on met en péril par l'action politique
un certain nombre de valeurs. On trahit la vocation humaniste de la France”. Dominique de
Villepin
«Il n'est pas anormal que des gens qui partagent des valeurs humanistes puissent se retrouver, je suis ouverte», Martine Aubry
“Je” porte les valeurs humanistes,” il” porte les valeurs humanistes, “elle” porte les valeurs humanistes. Derrière cette promesse forte, se cachent souvent des
carences. Car enfin, l’humanisme devrait être partagé par la grande majorité des citoyens : je respecte tes idées, je veillerai à ce que tu puisses les exprimer et je m’engage à ne pas faire ce
que je ne voudrais pas que l’on me fasse. Bien évidemment, il est normal de rappeler d’où nous puisons notre corpus d’idées. Et si on excepte les extrémistes ( ceux qui pensent que les autres ont
forcément torts car ils ne pensent pas de la même façon ), on peut penser qu’une grande base de politiciens ne sont pas en désaccord avec ces idées. C’est un héritage commun.
Cependant cela devient vite une soupe écœurante lorsqu’elle est servie à tire-larigot pour le moindre sujet social, économique, financier, écologique. Grattons un
peu le vernis et interrogeons-nous pour savoir si réellement nous sommes de vrais humanistes. Je pense évidemment aux questions sociétales : Qui parmi nous a fait un pas en avant sur les couples
homosexuels, l’ adoption, l’émancipation de la femme ( de son rôle de mère), la question de l’avortement, et le partage des tâches. Qui parmi nous s’est réellement intéressé au sort des femmes
isolées, au placement des enfants en famille d’accueil ? Je pense aussi évidemment à la question de la laïcité : Qui s’est réellement interrogé sur la montée des intégrismes : nous voyons celle
des Taliban mais voyons nous celle qui s’introduit sinueusement parce qu’elle passe par les instances religieuses ? Comment réagissons nous quand des évènements culturels sont annulés ou censurés
? Bien souvent, on se réfugie derrière un humanisme de façade sans nous prononcer clairement sur ces sujets.
L’humanisme ne peut être une posture et ne se suffit pas, elle doit être portée par des projets réfléchis et qui s’appuient sur une pratique du terrain. Ces
idées devront être portés par des élus. Encore faut-il en avoir et se donner les moyens d’en avoir. L’orientation du Modem doit être plus clairement assumée et par voie de
conséquence, les alliances aussi.
Jean-Yves Penven