Par David QUIMPER FINISTERE BRETAGNE FRANCE EUROPE TER
Recueilli par Sylvain Mouillard Après la ministre des Sports Roselyne Bachelot, Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes doivent être entendus mercredi matin par la commission des affaires
culturelles de l'Assemblée nationale. Michèle Tabarot, députée UMP des Alpes-Maritimes, présidente de la commission, et Marcel Rogemont, député socialiste d'Ille-et-Vilaine, vice-président de la
commission, répondent aux questions de Libération.fr Pourquoi auditionner Roselyne Bachelot, Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes au sujet de l'élimination des Bleus au Mondial? Michèle
Tabarot. Nous avions déjà entendu Jean-Pierre Escalettes (ex-président de la Fédération française de footbal) et Jean-Louis Valentin (ex-directeur général délégué de la FFF) avant la Coupe du
monde, nous souhaitons faire le point sur les raisons de ce fiasco et sur le fonctionnement de la Fédération française de football. Marcel Rogemont. Je trouve qu'il y a trop d'ingérence du
politique dans ces affaires. J'aurais voulu que cela se passe différemment et qu'on laisse les instances du foot gérer la situation en premier lieu. Je vais assister à ces auditions, même si je ne
vois pas bien pourquoi on va recevoir Roselyne Bachelot. S'il y a un problème dans le football, je ne suis pas sûr qu'il y ait un lien avec le gouvernement. Surtout qu'elle les défendait bec et
ongles avant la compétition, et qu'elle les qualifie ensuite de «caïds» dans l'hémicycle. Qu'espérez-vous de ces auditions? Seulement plus de transparence sur l'épisode sud-africain, ou également
que certaines mesures soient prises? Marcel Rogemont. Ce qui m'intéresse, c'est le fonctionnement de la FFF, et la prise de sanctions contre les joueurs. Je vais demander à Escalettes, un homme
honnête qui a donné sa vie au football, quelle analyse il fait de l'échec sud-africain et quelle est sa part de responsabilité. Quant à Domenech, je voudrais savoir pourquoi il a lu le communiqué
des joueurs. C'est une honte qu'ils n'aient pas eu le courage de le faire. On souhaite aussi mettre les point sur les i avec Bachelot. Ce gouvernement, à travers son action sur les paris en ligne,
les agents de joueurs, favorise le sport business. C'est une vision du sport que l'on réprouve, d'autant qu'on entend aujourd'hui des réflexions pour donner plus de poids au secteur professionnel,
au détriment des amateurs, au sein de la FFF. On ne peut pas réduire le sport à 23 gugusses qui refusent de s'entraîner. Michèle Tabarot. Notre tâche n'est pas de choisir le président de la FFF, ni
le sélectionneur. Si on estime que la fédération doit être organisée autrement, que les amateurs ont trop de poids, on fera des propositions. Mais il ne s'agit pas de réagir à chaud ni de faire
tomber des têtes. Ne craignez-vous pas que la Fifa proteste de nouveau contre cette ingérence du politique dans les affaires de la FFF? Est-ce à l'Assemblée nationale de s'occuper des mauvais
résultats de l'équipe de France de football? Michèle Tabarot. Les parlementaires sont tout à fait dans leur rôle en s'intéressant à un sport pratiqué par des millions de Français. Ce n'est pas
qu'un échec sportif. On a donné une image catastrophique pour notre jeunesse, la France s'est ridiculisée sur la scène internationale. Quant à la Fifa, elle juge ce qu'elle veut, mais elle pourrait
déjà s'occuper de mettre en place le vidéo-arbitrage. Marcel Rogemont. Les fédérations sont délégataires de service public, mais il faut aussi faire attention à ce qui se passe dans le monde du
football. Le respect des corps intermédiaires doit primer. Par ailleurs, il est évident que le gouvernement surfe sur cette affaire pour qu'on ne parle pas d'autre chose. Quand on voit que Henry
est reçu à l'Elysée alors qu'il y a deux millions de manifestants dans les rues, il y a un problème d'éthique. Revenir à la liste des articles